La tête dans le nuage
Indubitablement, l'un des sujets les plus en vue cette année est le Cloud Computing. Il fait l'objet d'au moins une conférence par jour : "31D - Cloud Computing myths, magic and mayhem", "43C - Alternative delivery models : IT as a service", "44A - Web plaforms : business in the cloud", sans compter la session sur les "10 most disruptive technologies". L'audience partage-t-elle cet engouement ? Le bilan est mitigé.
Après moults échanges et discussions sur site, le Cloud Computing, selon que l'on voie le verre à moitié vide ou à moitié plein, est la dernière hype pour faire du neuf avec du vieux, ou bien le signe que l'industrie se structure et s'organise autour de la notion "Everything as a Service" : infrastructure, applications, information, processus, et j'en passe. N'a-t-on pas un peu tendance à transformer ce brave nuage en un écran de fumée ? Est-il réellement "disruptif" ? Et, au juste, de quoi parlons-nous ?
Pour bien comprendre en face de quel objet nous nous trouvons, reprenons la définition qu'en donne Daryl Plummer, analyste du Gartner : "a style of computing where massively scalable IT-related capabilities are provided as a service to multiple customers over the Internet". Pour faire bref, j'utilise Internet pour accéder à des services de type logiciel, infrastructure, processus, etc. Les exemples les plus abondamment cités sont GMail ou salesforce.com : délivrés via Internet, ces services changent le modèle économique entre consommateur et producteur de service, en cela que le producteur s'engage à respecter une prestation caractérisée par une qualité de service.
Lorsque l'on acquiert un logiciel, lorsque l'on investit dans de l'infrastructure, jusqu'à quel point s'engage réellement le fournisseur avec lequel vous contractualisez ? Probablement moins que ce que vous souhaiteriez. Les impacts les plus forts sont forcément à attendre du côté du sourcing et de la gestion du portefeuille d'applications. En effet, les modèles économiques vont probablement différer des modèles traditionnels de licensing. On le voit avec salesforce : you "pay as you go". Ce modèle a le vent en poupe : il se développe dans l'économie "réelle" : Michelin facture à la quantité de gomme effectivement consommée, et le secteur de l'assurance propose aux jeunes conducteurs de régler leurs prestations en fonction du kilométrage effectué et de l'heure à laquelle a eu lieu la conduite (globalement : les sorties de boîte de nuit vont coûter cher, mais ceci est un autre sujet). Il est vrai que plusieurs de mes clients ont manifesté récemment le souhait de ne plus payer des packages logiciels complets, mais uniquement les fonctionnalités réellement utilisées.
Cela va dans le sens d'un éclatement des applications en services. Si ces services sont fournis via un prestataire extérieur, sur Internet, et que la facturation s'effectue sur la base de la consommation réelle, alors la politique de sourcing d'une entreprise est susceptible d'être modifiée en profondeur. Les investissement logiciels, considérés comme du capital (Capex) se déplacent vers de l'opérationnel (Opex). La gestion du portefeuille d'applications demande de tenir compte de ces attributs. Des courtiers vont émerger, qui arbitreront entre des services similaires pour maintenir vivace une concurrence de prestation, de prix et de qualité, au bénéfice des entreprises.
Jusqu'à présent, tacitement, les entreprises considéraient que les coûts élevés de migration d'applications et de renouvellement d'infrastructure pouvaient se justifier par le fait que, finalement, les fournisseurs assurent la R&D que les entreprises ne peuvent se permettre de mener pour leur propre compte. Le Cloud Computing remet ce modèle en cause, en fournissant une alternative agile : toute mise à jour du modèle fourni peut bénéficier quasi immédiatement à l'ensemble des consommateurs qui en auraient le besoin et l'utilité. Elles vont aussi dans le sens d'une plus grande industrialisation de l'économie et de la technologie Internet.
L'observation des mouvements du marché montre clairement que le Cloud Computing, ce n'est pas du vent. Si certains n'ont pas encore saisi la portée du modèle, d'autres manifestent un intérêt qui confine à la décision stratégique. Ainsi, la trajectoire de Microsoft, le plus grand fournisseur d'applications bureautiques au monde, s'incurve singulièrement dans cette direction, prouvant, s'il en était besoin, la capacité du géant de Seattle à se renouveler, dans le sillage de Google, pour s'acheter un coin de nuage.
Après moults échanges et discussions sur site, le Cloud Computing, selon que l'on voie le verre à moitié vide ou à moitié plein, est la dernière hype pour faire du neuf avec du vieux, ou bien le signe que l'industrie se structure et s'organise autour de la notion "Everything as a Service" : infrastructure, applications, information, processus, et j'en passe. N'a-t-on pas un peu tendance à transformer ce brave nuage en un écran de fumée ? Est-il réellement "disruptif" ? Et, au juste, de quoi parlons-nous ?
Pour bien comprendre en face de quel objet nous nous trouvons, reprenons la définition qu'en donne Daryl Plummer, analyste du Gartner : "a style of computing where massively scalable IT-related capabilities are provided as a service to multiple customers over the Internet". Pour faire bref, j'utilise Internet pour accéder à des services de type logiciel, infrastructure, processus, etc. Les exemples les plus abondamment cités sont GMail ou salesforce.com : délivrés via Internet, ces services changent le modèle économique entre consommateur et producteur de service, en cela que le producteur s'engage à respecter une prestation caractérisée par une qualité de service.
Lorsque l'on acquiert un logiciel, lorsque l'on investit dans de l'infrastructure, jusqu'à quel point s'engage réellement le fournisseur avec lequel vous contractualisez ? Probablement moins que ce que vous souhaiteriez. Les impacts les plus forts sont forcément à attendre du côté du sourcing et de la gestion du portefeuille d'applications. En effet, les modèles économiques vont probablement différer des modèles traditionnels de licensing. On le voit avec salesforce : you "pay as you go". Ce modèle a le vent en poupe : il se développe dans l'économie "réelle" : Michelin facture à la quantité de gomme effectivement consommée, et le secteur de l'assurance propose aux jeunes conducteurs de régler leurs prestations en fonction du kilométrage effectué et de l'heure à laquelle a eu lieu la conduite (globalement : les sorties de boîte de nuit vont coûter cher, mais ceci est un autre sujet). Il est vrai que plusieurs de mes clients ont manifesté récemment le souhait de ne plus payer des packages logiciels complets, mais uniquement les fonctionnalités réellement utilisées.
Cela va dans le sens d'un éclatement des applications en services. Si ces services sont fournis via un prestataire extérieur, sur Internet, et que la facturation s'effectue sur la base de la consommation réelle, alors la politique de sourcing d'une entreprise est susceptible d'être modifiée en profondeur. Les investissement logiciels, considérés comme du capital (Capex) se déplacent vers de l'opérationnel (Opex). La gestion du portefeuille d'applications demande de tenir compte de ces attributs. Des courtiers vont émerger, qui arbitreront entre des services similaires pour maintenir vivace une concurrence de prestation, de prix et de qualité, au bénéfice des entreprises.
Jusqu'à présent, tacitement, les entreprises considéraient que les coûts élevés de migration d'applications et de renouvellement d'infrastructure pouvaient se justifier par le fait que, finalement, les fournisseurs assurent la R&D que les entreprises ne peuvent se permettre de mener pour leur propre compte. Le Cloud Computing remet ce modèle en cause, en fournissant une alternative agile : toute mise à jour du modèle fourni peut bénéficier quasi immédiatement à l'ensemble des consommateurs qui en auraient le besoin et l'utilité. Elles vont aussi dans le sens d'une plus grande industrialisation de l'économie et de la technologie Internet.
L'observation des mouvements du marché montre clairement que le Cloud Computing, ce n'est pas du vent. Si certains n'ont pas encore saisi la portée du modèle, d'autres manifestent un intérêt qui confine à la décision stratégique. Ainsi, la trajectoire de Microsoft, le plus grand fournisseur d'applications bureautiques au monde, s'incurve singulièrement dans cette direction, prouvant, s'il en était besoin, la capacité du géant de Seattle à se renouveler, dans le sillage de Google, pour s'acheter un coin de nuage.
Libellés : cloud computing, service

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