2.2.07

Software as a Service : quelle(s) évolution(s) ? (1/2)

Cette semaine, un think tank d’Unilog Management a regroupé quelques consultants pour débattre de domaines en voie de développement. Celui auquel j’ai participé portait sur le SaaS. SaaS (Software as a Service) évoque l’externalisation par les entreprises de processus métier auprès de partenaires chargés d’héberger la solution IT qui orchestre ces processus et d’assurer la prestation de services qui l’accompagne. Contrairement aux rumeurs, SaaS n’est donc pas la version flamande d’un populaire mâle espion engendré par Gérard de Villiers (pas plus d’ailleurs que l’acronyme OSS en son temps n’évoquait les prouesses à venir de Jean Dujardin).

SaaS se présente comme un nouveau modèle de facturation des logiciels : ce sont d’ailleurs principalement les éditeurs qui font du SaaS : les plus visibles sont SAP, Microsoft, IBM ou encore Oracle, mais de nombreux pure-players opèrent également, tels que salesforce.com. Par ailleurs, la concentration a déjà commencé, avec l’acquisition récente de Nsite par Business Objects pour proposer un modèle SaaS dans le champ du décisionnel. Au lieu d’investir dans une licence plus ou moins perpétuelle, les entreprises dépensent en « pay as you go » et « pay as you grow » : un montant forfaitaire, ou dégressif, par utilisateur ou par nombre d’objets manipulés. Ainsi, Salesforce.com facture les entreprises au nombre de clients stockés dans sa base de CRM (Customer Relationship Management).

En comparaison de l’acquisition d’une licence, les analystes estiment que le modèle SaaS est moins onéreux les trois premières années. Au-delà de trois ans d’utilisation d’une même version d’un logiciel, il vaut mieux investir dans une licence. Mais les avantages sont ailleurs. Evolutions et nouvelles fonctionnalités peuvent être régulièrement mises en ligne, sans forcément d’importants coûts de migration (même si les évolutions majeures deviennent du coup plus difficiles à appliquer). Et puis, il n’est plus nécessaire d’investir dans l’infrastructure ou dans les compétences : elles sont chez le partenaire. Par conséquent, une des réels points d'impact du modèle SaaS pourrait être son impact sur l’organisation des DSI.

En déléguant une partie des compétences et des socles techniques, les DSI vont pouvoir mieux se concentrer sur ce qu’elles cherchent à faire aujourd’hui : accroître l’efficacité de la relation entre maîtrises d’ouvrage et maîtrises d'oeuvre pour ajuster les relations avec le métier et accélérer l’alignement. Mécaniquement, c’est ce que doit provoquer l’externalisation d’une partie de la maîtrise d’œuvre. Avec une relation nécessairement contractuelle, il est probable que l'efficacité s'accroisse et que le temps de delivery de nouvelles fonctionnalités soit en moyenne considérablement réduit à l'avenir.

Mais on peut s’interroger sur la portée de ce modèle : s’agit-il d’un revival de l’ASP (Application Service Provider) ou d’un réel nouveau modèle ?